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ASSOCIATION
FRANÇAISE CONTRE L'ABUS PSYCHIATRIQUE
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OBJECTIFS DU GOUVERNEMENT :
-
accélérer le contrôle psychiatrique d'une
population de malades mentaux estimée à au moins 10 millions
de personnes;
-
supprimer les protections existantes contre l'internement
abusif pour développer les contraintes de soins à domicile
et dans les institutions (maisons de retraites etc ..) notamment des alcooliques
et des toxicomanes;
-
créer des asiles gérés par des groupes
privés;
Le rapport Cléry
Melin a posé les intentions de l'état
RPR en matière de psychiatrie (vue comme solution pour réduire
la délinquance et renforcer la sécurité):
-
- faire des psychiatres les seuls dépositaire de la connaissance
du psychisme : mettre les psychologues sous leur tutelle, leur permette
d'exercer la psychanalyse du seul fait de leur titre de psychiatre,
et l'interdire aux non psychiatres ne figurant pas sur une liste d'associations
agrées par décret de l'État;
-
- créer les shérifs psychiatriques régnant sur
des territoires qui leurs sont attribués;
-
- inciter tous les personnels de l'État (enseignant, travailleurs
sociaux) à reconnaître et dénoncer ceux présentant
les comportements non désirables définis par l'état
comme d'origine psychiatrique;
-
- contrôler les journalistes dans leurs informations sur la
psychiatrie (car dénoncer des abus et surtout le système
qui les permet ne donne pas une bonne image de la psychiatrie).
En matière de droit des personnes internées, le rapport recommande
principalement :
-
- la suppression de la demande d'admission, c'est à dire les
internement décidés par un médecin extérieur
à l'établissement d'accueil hospitalisation d'urgence.
Il n'est plus nécessaire que le trouble inquiète quelqu'un
de non médecin. Le médecin peut faire ainsi des rafles
psychiatriques. Le plus grave est que cette régression est permise
par la recommandation R(2004)10 du Conseil des ministres de l'europe,
qui contredit la résolution R 1235 de 1994 du parlement européen
du conseil de l'europe posant que seul un juge puisse décider
d'une privation de liberté.
-
- le réinternement immédiat sans aucune forme ni information
des autorités en cas de refus de la contrainte de soin à
domicile;
-
- la gestion de ces internements par des groupes privés.
Pour noyer le poisson, il est d'abord drapé dans de la langue de
bois politique, contrairement au rapport Cléry-Melin.
Ensuite il cherche auprès des associations "usagers et de leur
famille", qui réclament plus de psychiatrie et de lieux de détention
pour leurs amis et ou leur famille, et plus de facilités pour les contraindre
aux traitements qu'ils refusent, un soutien à sa politique de psychiatrie
totalitaire. Pour cela, il leur distribue des subventions et même des
(con)formations, afin qu'elles participent à la mise en place de cette
politique. Dans le Nord, cet objectif s'est ainsi traduit en faisant siéger
à la CDHP du Nord une association d'usagers créée par
un employé de la préfecture.
Il veut faire croire que les commissions CDHP peuvent
garantir le respect des droits des personnes, et veut même étendre
leurs missions. En fait, il s'agit d'autoriser les CDHP à se rendre
dans les structures des groupes privés autorisées à pratiquer
les privations de libertés et les modifications durables du fonctionnement
du cerveau des internés d'urgence. Il s'agit aussi de refuser la judiciarisation
et le respect de la Constitution.
Enfin il propose de revoir les modalités d'accès aux dossiers,
bien sûr pour en compliquer ou en limiter l'accès déjà
restreint par la loi socialiste du 4 mars 2002.
Tout le plan psychiatrie n'est là que pour développer cette
psychiatrie totalitaire, maillon d'un état policier.
Mais il n'est pas là pour respecter ni les droits de l'homme ni la
constitution : pas question de judiciariser, et il ne faudra pas compter sur
l'opposition socialiste pour déférer la loi à venir à
la censure du Conseil constitutionnel, sauf éventuellement sur un point
de détail.
Il s'agit en effet de la continuité de la même politique que
celle mise en place par AUBRY, KOUCHNER et JOSPIN de "démocratie
sanitaire" et de zéro SDF, caractérisée par la répression
et la stigmatisation des "déviants", au nom d'un sanitarisme
qui prend de plus en plus une forme qu'il convient de définir, car
elle est d'une ampleur sans pareil dans l'histoire de l'humanité en
raison des progrès de la chimie. La mise en place des lois d'exceptions
anticonstitutionnelles pour étendre les contraintes de soins psychiatriques
et répondre par l'enfermement et la drogue aux problèmes politiques
a eu son apogée à la fin de la période JOSPIN par la
stérilisation des handicapés mentaux et l'internement illégal
mais massif des alcooliques, des toxicomanes et des asociaux revendicatifs,
tout à fait toléré par ses services psychiatriques et
ses services de contrôle d'État.
Le
rapport d'une commission fantoche nous confirme le retour du grand
renfermement. Cette commission composée pour beaucoup de députés
psychiatres ou directeurs d'asiles (eh oui ! mais pas de représentant
des internés à l'assemblée nationale), le reconnaît
sans se rendre compte de ce qu'elle dit, à l'occasion du rejet d'une
demande d'enquête parlementaire relative à l'augmentation massive
du nombre d'internements psychiatriques. Le gouvernement RPR UMP pour lequel
les mêmes ont appelé à voter en attendant leur tour (qui
viendra forcément en raison du refus d'instaurer la proportionnelle
et de miser constamment sur le rejet du front national) s'apprête à
légaliser les arbitraires constatés par une modification de
la loi en faveur de la liberté d'interner. Ainsi chaque progrès
obtenu par des luttes légales pour tenter de préserver les libertés,
se heurte en France aux députés qui érigent de plus en
plus de lois liberticides pour contrer les jurisprudences.
Les recommandations
de bonne pratique d'internement de ladite
Haute Autorité de la Santé sont présentées comme
pouvant garantir les libertés individuelles, qui présume que
l'internement arbitraire reposerait plus sur l'incompétence de certains
psychiatres que sur la nature anticonstitutionnelle des lois d'exception psychiatriques.
Or ces recommandations ne sont pour l'essentiel que l'application sélective
des lois existantes assorties de quelques recommandations pour les mettre
en oeuvre.
Elles ne considèrent pas les bonnes pratiques sous l'angle du respect
des libertés individuelles. Par exemple elles ne disent pas concrètement
comment faciliter l'accès à un juge en étant interné
et drogué. Elles posent comme recours la CDHP, alors que le recours
pertinent est le juge de la liberté et de la détention, le même
juge que celui des criminels qui demandent la fin de leur détention
provisoire (délicate attention de JOSPIN et GUIGOU). On a vu les JLD
et les experts à l'oeuvre dans l'affaire d'OUTREAUX. Elles admettent
l'emploi quasi systématique des neuroleptiques dès l'admission
ordonnée par un étudiant par simple fax et avant d'avoir pu
faire valoir ses droits de défense devant le juge. Si si, c'est dans
les bonnes pratiques. Pas un mot non plus sur les modalités de désignation
du tiers digne de confiance prévue par la loi de mars 2002. Pour l'afcap,
il ne s'agit pas de bonnes pratiques d'internement susceptibles de garantir
mieux les libertés individuelles. L'impasse a été faite
concernant tant les normes et recommandation du CPT que celles de l'association
mondiale de la psychiatrie. Il s'agit plutôt de préparer les
modifications législatives définies dans le rapport Cléry
Melin :
- suppression du tiers désintéressé tel qu'il existe
depuis 1838;
- contrainte de soin à domicile sous menace de réinternement
immédiat sans formalité ni information des autorités
de contrôle, et même autorisation de la contention tout cours
ailleurs que dans les asiles selon l'IGAS.
Un rapport de l'IGAS vient
en effet confirmer ces orientations. Il prétend tout d'abord que la
judiciarisation n'est pas possible, car elle coûterait trop cher (sans
préciser combien au regard des économies réalisées),
qu'elle n'est prévue par aucun texte, et pour cela passe sous silence
les recommandations européennes de l'assemblée parlementaire
pourtant seule expression démocratique admissible (Recommandation R.1245).
La mission se réfère aux seules recommandations non démocratiques
du conseil des ministres, celles des Berlusconi et consort, qui voulaient
nous faire adopter la Constitution européenne. Pour eux les criminels
doivent avoir plus de droit et d'égard que ceux qui n'ont rien fait
mais qui sont accusés de maladie mentale : pas de présomption
d'innocence pour eux !
Après cette mise en bouche idéologique, l'IGAS recommande
de conserver le tiers demandeur mais de ne plus le rendre indispensable (c'est
à dire de le supprimer dans les faits ) : les directeurs d'asiles auraient
le droit d'interner et autoriser les contraintes de soins, en prévenant
le procureur dans les 24 heures qui devra désigner ensuite un curateur
d'État sensé saisir un juge si le neuroleptisé a encore
figure humaine. Le curateur pourra également s'opposer à ce
que la famille obtienne à leur demande la levée de l'HDT comme
c'est (théoriquement le cas aujourd'hui si le préfet ne prend
pas arrêté de placement d'office. Plus besoin de juge de tutelle
ni de procès contradictoire pour être placé sous curatelle
par décisions discrétionnaire du procureur , et renforcement
du rôle du curateur qui n'avait pas jusqu'ici le pouvoir d'autoriser
un traitement. En gros ce sont les procureurs qui vont permettre les contraintes
de soins réalisées par décisions des directeurs d'asiles
privés ou de maison de retraite, comme le suggère la suite du
projet.
En effet, l'IGAS propose également la suppression du certificat médical
émanant d'un médecin extérieur à l'hôpital.
L'exception à cette exigence devait être exceptionnelle mais
est devenu la règle, alors pourquoi conserver ces dispositions ridicules
dont tout le monde se fiche ? A bas les médecins indépendants.
L'IGAS propose de remplacer le certificat d'internement du médecin
extérieur par un certificat médical de 72 heures. La toute puissance
des directeurs d'asile, plus important personnages de l'État totalitaire,
est ainsi établie.
Il est suggéré aux décideurs d'internement de rencontrer
la personne à interner avant l'internement, pour lui expliquer qu'à
défaut de consentement aux injections de produit à effet retard,
il y sera contraint par mise en contention en cellule d'isolement. S'il n'a
pas accepté le chantage durant les 72 heures, il sera quand même
piqué de force et enfermé.
L'hôpital psychiatrique est décrit enfin par l'IGAS comme ce
qu'il est : un lieu de contention et de terreur visant à faire accepter
les contraintes de soins à domicile qui échappent à tout
contrôle. La contrainte de soin par menace de contention doit être
mise en oeuvre dès l'admission et pouvoir exister également
après la sortie à l'essai de l'hôpital psychiatrique,
qui peut être de plusieurs années. L'IGAS n'a que faire de la
déclaration mondiale de la psychiatrie de HAWAII et des normes émises
par le Comité européen pour la prévention des tortures
et traitements inhumains et dégradants. L'IGAS estime que cette terreur
doit être utilisée également pour permettre les contraintes
de soins dans les maisons de retraite et les cliniques psychiatriques privées.
L'IGAS veut ainsi diminuer le nombre des internements forcés en légalisant
et en étendant les contraintes de soins hors hôpital psychiatrique.
Ceux qui s'échappent doivent être activement recherchés
et réinternés, ceux qui tentent de se soustraire aux contraintes
de soins doivent être réinternés, ne laissant plus d'autres
choix pour les gens que l'exil ou la mort.
L'IGAS propose la suppression de 3/5 ème des contrôles des
hôpitaux psychiatriques, sous prétexte que les visites ne sont
pas faites (faute d'obligation contraignante), et qu'une visite par mois d'un
asile est déjà trop. Une visite tous les 6 mois par le représentant
du préfet interneur et une visite tous les 3 mois par le représentant
du procureur aux ordres de l'État suffisent pour l'IGAS, soient une
visite tous les 2 mois. Aucune sanction en cas d'absence de contrôle
n'est proposée, ils ne feront donc pas plus ces contrôles qu'actuellement.
Il est juste suggéré que les rapports de ces visites bidons
(constitués habituellement de trois lettres : RAS ou d'une simple signature
du registre de la loi) soient diffusés aux CDHP fantoche. Il importe
donc surtout pour l'IGAS d'empêcher les juges et les élus d'aller
mettre leur nez dans les asiles et les cliniques privées. Il importe
également, pour permettre la réalisation de l'extension du nombre
de lieux de détentions et de traitements forcés, de ne pas embêter
trop les élus et les juges qui rechigneraient àdevoir aller,
même virtuellement sur le papier, contrôler les détentions
un peu partout ...
Tout cela ne serait qu'horreurs rajoutées à la situation actuelle
sans cette mesure que l'afcap considère la plus importante du dispositif
: le libre choix de choisir l'établissement d'accueil.
L'AFCAP par principe est favorable à une mise en concurrence des
établissements psychiatriques par le libre choix des personnes internées
(et non des demandeurs d'internement comme le propose l'IGAS) concernant leur
établissement d'accueil. Le libre de choix de son médecin est
fondamental du point de vue des libertés. Cette seule disposition devrait
aboutir à la réforme des asiles et des équipes qui méprisent
les patients et leurs familles. La concurrence public-privé devrait
également aboutir à une moindre solidarité ou collusion
entre les experts psychiatres qui sont souvent des interneurs d'État
toujours prompts à se couvrir mutuellement. Ce droit s'il était
appliqué également pourrait contrecarrer après coup la
toute puissance des directeurs d'asiles. Ok pour l'internement, mais ailleurs,
dans le service de mon choix, et pas là où on méprise
mes droits. Cela à condition bien sûr que d'autres services s'ouvrent,
qui ne copient pas la folie des structures d'État existantes. Mais
il ne semble pas que l'IGAS l'ait prévu comme cela, le libre choix
étant plutôt réservé au demandeur, donc aux interneurs,
dans l'esprit de faciliter les internements et non d'éviter les abus.
Cela rend le rapport IGAS tout à fait inadmissible ...
Ce rapport IGAS touche au monopole d'État de l'enfermement psychiatrique
pour la confier au secteur privé, mais sans permettre aux droits de
défense de s'appliquer. Les droits fondamentaux de la défense
imposent que les personnes ne reçoivent pas de traitement les empêchant
concrètement de se présenter dignement devant le juge sensé
estimer l'état mental de l'interné. Et à quoi sert la
notification des décisions d'HDT alors qu'elle fait courir un délai
devant le tribunal administratif sans que les personnes ne soient en mesure
d'accéder concrètement à leur dossier, de consulter une
association de défense (les avocats ne font aucun zèle avec
les fous) et ainsi d'introduire un recours pertinent devant ce tribunal ?
C'est principalement en raison d'absence de garanties pour les droits des
personnes que l'AFCAP condamne la position liberticide de l'IGAS qui veut
étendre aux cliniques et maisons de retraites privées l'arbitraire
actuellement constaté dans les asiles tout en réduisant les
contrôles et l'exigence d'un tiers.
Pour tenter de répondre aux critiques émises sur les CDHP
fantoches, l'IGAS propose que soit désigné par le premier président
de la Cour d'appel le président ou le vice président du TGI
pour présider les CDHP désignées non plus pour un département
mais pour le ressort des TGI, de limiter la présence médicale
à un psychiatre et un généraliste, et qu'un avocat désigné
par le bâtonnier en fasse partie, avec nomination de suppléants.
Mais ces changements sont motivées pour faire passer la pilule de la
généralisation sans formalité des contraintes de soins
un peu partout : CMP, maison de retraites, clinique privée, domicile
privé, voire commissariat. Exemple d'amélioration bidon : la
CDHP devrait être destinataire après chaque année de traitement
forcé d'un certificat expliquant pourquoi la contrainte de soin forcée
doit être continuée. L'IGAS veut ainsi remplacer les certificats
médicaux de contrainte mensuel par des certificats bimensuels qui existent
actuellement pour le contraintes de soins ...
Le JLD devrait se voir imposer un délai de 10 jours pour statuer
sur une demande de sortie, mais sans imposer bien sûr corrélativement
la libération immédiate en cas de non respect des délais....
C'est encore des droits purement théoriques que l'IGAS préconise
de mettre dans des textes de loi, alors que les JLD ne respectent déjà
pas la jurisprudence de la Cour européenne en la matière qui
sanctionne un délai de 10 jours de détention sans décision
judiciaire ... Et comment se défendre si on ne peut avoir accès
à son dossier médical que sur autorisation de la CDHP qui peut
la refuser ?
L'IGAS ne pourra donc pas compter sur le soutien des associations d'usagers,
mais probablement sur les associations de famille genre UNAFAM qui réclament
plus d'internement ou au moins la neuroleptisation et même la stérilisation
des membres de leur famille.
Mais il semble que l'IGAS ne pourra pas compter non plus sur le soutien
des psychiatres et infirmiers psychiatriques fonctionnaires qui ne veulent
pas qu'on touche au monopole d'État de l'enfermement.
Ainsi le communiqué intitulé "pire
que la loi du 30 juin 1838" du président de l'union syndicale
de la psychiatrie critique les propositions de l'IGAS et la politique de privatisation
et le sécuritarisme qui la sous tend, sans toutefois émettre
de propositions concrètes pour remédier aux problèmes
des abus psychiatriques.
La défense des droits de l'homme et la dénonciation des intérêts
mercantiles des structures privées qui justifieront les admissions
et la prolongation des hospitalisations implique de réclamer la judiciarisation
des procédures d'internement.
L'AFCAP demande donc à l'IGAS de renoncer à son projet de
suppression du tiers demandeur, de suppression du certificat médical
émanant d'un médecin indépendant de l'établissement
d'accueil, de suppression de l'autorisation de visite des établissements
psychiatriques pour les juges et le maire, et d'autorisation à pratiquer
des contraintes de soins massives, sans l'accord préalable d'un juge,
à domicile, dans les CMP, les maisons de retraites, les aéroports,
les commissariats, les camps de rétention, les cliniques privées,
etc ..
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